Lundi, 21 Avril 2014
Production du riz au Cameroun PDF Imprimer Envoyer
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Tendances : le supplément économie de mercredi
Écrit par Joseph Samuel Zoé (stagiaire)   
Mercredi, 15 Février 2012 00:00

La filière a mal à son développement

Malgré les efforts consentis par les populations et l'Etat pour sa culture, les besoins des populations restent élevés.


La consommation du riz au Cameroun affiche selon le gouvernement un déficit annuel de 500 000 tonnes. De l'avis de certains experts, cette situation contribue inexorablement à augmenter chaque année les taux d'importation de cette céréale dans notre pays. En effet, comme le révèlent les chiffres publiés par l'Acdic (Association de défense des intérêts citoyens), on est passé de 329 000 tonnes de riz importées au Cameroun en 2004 à 545 000 tonnes en 2011.

Même l'annonce faite en 2009 par le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga pour mettre fin à ces importations n'a pas eu l'effet escompté. Car, après une baisse significative en 2010, soient 352 000 tonnes, on a constaté une recrudescence en 2011, soit une augmentation de 35%. En termes de coût, le Cameroun a ainsi dépensé plus de 860 milliards de francs CFA au cours des huit dernières années pour acheter du riz à l'extérieur. Un argent qui aurait pu servir selon l'Acdic à financer la culture du riz sur le plan local. Surtout que le pays dispose des atouts naturels favorables à la riziculture.

Sur les 240 000 hectares de terrain dont dispose le Cameroun pour la culture du riz, environ 10% sont actuellement mis en valeur par les populations. Dans la plupart des cas, les conditions de travail restent rudimentaires, les riziculteurs n'étant pas encore à la pointe de la technologie. Comme l'indique un cadre du ministère de l'Agriculture et du développement rural (Minader), «la production du riz est archaïque au Cameroun. L'essentiel du travail dans la riziculture comme dans tous les autres domaines agricole se fait encore à la main. Ce qui fait que les riziculteurs dépensent plus d'énergie pour obtenir moins de résultats».

Les riziculteurs ne disposent donc pas d'unité de transformation. Ils sont également confrontés pour la plupart, aux problèmes de mécanisation avec l'absence des tracteurs, des batteuses ou encore des décortiqueuses. En plus des moyens financiers qui ne sont pas toujours suffisants, les riziculteurs estiment que l'appui technique du gouvernement arrive en retard. Toutes ces entraves et bien d'autres, ne permettent pas encore au Cameroun de produire 10 tonnes de riz par hectare comme on peut l'observer chez les grands producteurs mondiaux comme la Thaïlande, le Vietnam ou les Etats-Unis.

Des efforts insuffisants

Entre 2009 et 2011, le Gouvernement camerounais a investi près de 19 milliards de francs CFA pour appuyer la culture du riz. Cet argent, qui est géré dans le cadre du Programme national de relance de la filière riz, va aider à relever la production locale qui tourne actuellement autour de 100 000 tonnes par an. La Semry (Société d'extension et de modernisation de la culture du riz de Yagoua) qui a aménagé 13 000 hectares pour la culture de la céréale, a ainsi reçu 3 milliards de FCFA dans ce sens pour appuyer la mécanisation des cultivateurs et étendre ses rizières. Des sites d'expérimentation de riziculture ont également été crées dans les localités de Santchou, Makénéné, Nanga-Eboko, Ndop et dans les environs de Yaoundé. Le Minader qui suit de près ces projets, encadre les populations qui exercent l'activité et leur fourni les intrants agricoles.

Dans la partie septentrionale du pays où la riziculture est plus avancée, le gouvernement a signé un accord cadre avec le groupe Oriz-Cameroun pour l'intensification de la culture du riz sur à Maga dans l'Extrême-nord, sur une superficie de 2 000 hectares. Toujours dans cette région où la culture du riz se fait en communauté, une convention tripartite a été paraphée l'année dernière entre le ministère de l'Economie, de la planification et du développement rural (Minepat), le ministère de l'Agriculture et du développement rural et le secteur privé pour produire le riz et le maïs sur 7 500 hectares.

Les autorités disent également mener des tractations pour que la filière riz soit insérée dans les programmes agricoles financés par les bailleurs de fonds internationaux. Surtout que si ce secteur est bien encadré, il va permettre d'améliorer les conditions de vie des populations en créant plus d'emplois.

Joseph Samuel Zoé

 

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