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La ferme avicole de la SEI Sarl, en construction à Mbankomo, entend révolutionner la qualité et la quantité de production de volaille au Cameroun et dans la zone Cemac.
Dans son bureau situé au 3ème étage de l'immeuble Mont Manengouba sis au carrefour de la vallée Nlongkak à Yaoundé, Claude Paquet, le président directeur général de la Société d'élevage internationale (SEI), a le sourire d'un entrepreneur qui perçoit déjà la sortie du tunnel. Cet investisseur canadien est à la tête d'un mégaprojet industriel et avicole dont les premières productions devraient alimenter le marché des fêtes de fin d'année dès 2012 au Cameroun. Il compte aussi ravitailler certains pays de la sous-région d'Afrique Centrale, notamment le Gabon et la Guinée Equatoriale dans un premier temps.
Il s'agit d'une ferme avicole industrielle intégrée, bâtie sur 53 hectares dans le village Mbankomo, à une quinzaine de kilomètres de Yaoundé. Dès sa première année, la ferme ambitionne de produire dans chacun de ses 120 poulaillers, 330 000 poulets par an soit au total, près de 40 millions de poulets de chair entre 1,8 et 2,4kg, avec une fréquence d'abattage de 3 000 poulets par heure. La SEI ne se contentera pas seulement de produire du poulet sur pied, elle va monter une chaîne industrielle complète comprenant: l'élevage, l'abattage, le conditionnement, la conservation dans des enceintes et des voitures frigorifiques, et la commercialisation. Une cité ouvrière, un dispensaire, des terrains de sport et un centre commercial seront adossés à la ferme industrielle.
Au total, c'est un investissement lourd de plus de huit milliards et demi de francs Cfa que l'implantation de cette usine a nécessité, avec la création de près de 1000 emplois directs attendus dès la deuxième année. Une fois que la production va démarrer, le projet prévoit de dépenser chaque année, plus de 200 millions de F Cfa, en interventions sociales grâce à la mise sur pied d'un fonds social qui sera constitué des prélèvements de 2% de recettes de chaque ferme satellite. «Les études du marché ont montré qu'il y a un gros déficit de poulet de chair frais ici en quantité et en qualité. Par ailleurs, une étude menée entre 2004 et 2006 par l'Institut Pasteur montre que 85% de poulets importés sont impropres à la consommation», indique le patron de la SEI pour expliquer son engagement dans cette aventure. Une aventure qui n'aura visiblement pas été jusqu'ici, un long fleuve tranquille en tenant compte des longues et sinueuses procédures administratives, même si l'intéressé n'en fait pas mention.
Organisation
L'investisseur canadien, qui s'est entouré de partenaires et associés camerounais, préfère insister sur les opportunités qu'offre un projet qui arrive dans un contexte local où: en dehors de l'Interprofession avicole (Ipavic), il n'existe pas de plateforme entre les intervenants du secteur; les aviculteurs ne sont pas suffisamment organisés; il y a un déficit énorme (en quantité et en qualité) en aliments pour volaille; le taux de mortalité du poulet élevé au Cameroun, est fort (entre 15 et 20%).
Le projet de la SEI qui à l'origine devait se cantonner à la production du poulet d'un jour, voit plus large en voulant quelque peu redresser les dysfonctionnements observés sur le marché actuel. Son objectif est de valoriser le label du poulet «made in Cameroon».
Pour y parvenir, les promoteurs de la SEI ont misé sur ce qu'ils appellent la «responsabilité partagée». M. Paquet explique que sa structure fédère surtout les énergies et garantit un standard de qualité au produit final. C'est une organisation rigoureusement professionnelle de toute la chaîne mais, les fermes satellites partenaires (construites sur le site de la SEI mais appartenant à des sociétés privées locales ou des associations de développement et autres groupes d'initiative de jeunes) et les producteurs agréés (fermiers déjà existants hors du site, mais produisant un minimum de 500 poulets par bande, et huit bandes minimum par an; ils vont bénéficier de l'expertise et du suivi de la SEI) sont fortement impliqués dans toutes les phases de la gestion du projet global.
«Au bout de cinq ans, nous visons une production de 62 millions de poulets par an», lance très optimiste et les yeux brillant de satisfaction, Claude Paquet. Visiblement, il a mis le paquet pour la réussite de ce mégaprojet pastoral et industriel qui devrait bientôt faire le bonheur des consommateurs camerounais.
Emmanuel Gustave Samnick
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Commentaires
de 3,5 hectares dont je suis propriétaire à Mbankomo, 38,5 kilomètres sur l'axe lourd Yaoundé Douala.
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