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ITINERAIRE
Lundi, 09 Janvier 2012 09:47

Un crochet par le management sportif
L’ancien Lion indomptable est actuellement au chevet de l’AS Lausanne de Yaoundé en tant que manager général...

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«Ondoyant et divers», peut-on à priori qualifier cet homme atypique. Car à la vérité, Jean-Claude Pagal est et reste seul maitre de son destin. Il a seul la manie des décisions qu’il prend concernant aussi bien sa vie que sa carrière. Pour preuve, en 2008, alors qu’on le croyait déjà loin des aires de jeu qu’il avait quittées en 2001, c’est à la surprise générale que l’on voit l’ancien Lion indomptable rechausser les crampons pour une nouvelle aventure au sein du championnat camerounais. La toute première dans son pays natal.  C’est au sein de l’équipe de Tiko United qu’il alla déposer ses valises pour une saison, sans contrepartie. «J’ai joué à Tiko pour me détendre, me reposer un peu. En plus, je n’avais jamais joué au Cameroun et j’avais cette envie de jouer au pays. Avoir une licence comme joueur camerounais me tenait vraiment à cœur », explique l’actuel manager général de l’AS Lausanne de Yaoundé.
Et dès lors l’envie d’apporter sa pierre à l’édifice du football camerounais ira grandissante, puisque l’international camerounais est depuis l’année dernière manager général de cette équipe appelée à évoluer cette saison en MTN Elite Two. Apportera-t-il l’antidote qu’il faut à l’équipe d’Anguissa, qui a bu le calice jusqu’à la lie en première division la saison dernière? De toutes les façons, c’est une autre aventure qui débute pour l’ancien pensionnaire de Ligue 1 française, où le natif de Yaoundé  a passé l’essentiel de sa carrière de footballeur.
Né au Cameroun le 15 septembre 1964, Jean-Claude a toujours été considéré par ses parents, résidents en France, comme ce  « fils de boss » voué à un avenir plus prometteur sur les bancs de l’école, plutôt que proche des terrains de football. Mais le gamin de l’époque alla toujours conciliant les deux exigences, car «on était obligé d’aller à l’école et de jouer au football. On s’entrainait trois fois par semaine et on jouait le dimanche», se justifie-t-il. C’est en effet en France que la machine de sa jeune carrière démarre et s’huile définitivement. JCP fait ses premiers pas au Paris Université club (PUC) dans la catégorie des minimes. Puis dépose ses valises au RC Lens en 1981. Mais ce n’est qu’en 1983 que le défenseur aux rastas fait son baptême du feu en première division avec le club lensois, lors d’une rencontre opposant son équipe au Paris Saint-Germain (PSG). Il passe environ neuf ans au sein de cette équipe pour laquelle il va porter140 fois le maillot et inscrit cinq buts au passage. L’histoire d’amour avec le RC Lens durera longtemps mais ne portera pas de fruits au chapitre des titres. Rien dans la besace, si ce n’est une finale de coupe Gambardella en 1983.
En fin de contrat avec son club, il émet le souhait d’aller voir ailleurs mais les dirigeants lensois s’y opposent fermement. Le dossard 13 joue d’un stratagème, allant même jusqu’à simuler un arrêt spontané de sa carrière pour se voir libérer. «J’avais quatre ans de propositions supplémentaires pour jouer à Lens mais moi je voulais partir. J’avais des propositions qui me venaient d’autres clubs», explique-t-il. C’est ainsi, qu’il se joue de ses anciens patrons pour rebondir en 1989 avec une équipe de  D2 française, la Roche-sur-Yon, qui lui ouvre les portes de l’équipe nationale du Cameroun et de l’AS Saint-Etienne peu avant le Mondiale 90.


Un  Français chez les Lions
Comme la plupart des joueurs africains formés en France, JCP a porté les couleurs de l’équipe nationale militaire française avant d’opter pour les Lions indomptables. Cependant, il a avoue que c’est grâce au concours de Roger Milla et de Cyrille Makanaky qu’il parvient à arborer les couleurs de l’équipe nationale fanion : «c’est Milla qui m’interpelle pour me faire savoir qu’ils (les Français) vont me prendre au début, puis, ils vont me laisser de côté et que le mieux c’est de venir jouer pour le Cameroun. Dès lors, Cyrille m’introduit auprès du président de la fédération de l’époque qui vient à ma rencontre et après l’échange, ça m’intéresse », précise-t-il. Le nouveau Lion indomptable convole en justes noces avec l’équipe nationale pour la Coupe du monde Italie 90, où ses coéquipiers et lui allèrent laisser leurs griffes dans les annales du football mondial, comme étant la toute première nation africaine à atteindre le stade des quarts de finale de la plus prestigieuse des compétitions de football.
L’euphorie avec les Lions continue jusqu’en 1992 à la Coupe d’Afrique des nations au Sénégal, puisque le Cameroun finti à la quatrième place du tournoi. Hélas, elle s’estompe aux portes du Mondial 94 quand le sociétaire de Martigues apprend six mois avant le voyage pour les Etats-Unis qu’il ne prendra pas part à la compétition. «Mon absence a été due à une mésentente avec certaines personnes, c’était du business… Ce n’est pas important qu’on évoque cette histoire », regrette-t-il. Dès lors, sa convocation à l’équipe nationale se fait désormais sur fond de tergiversations pour la CAN 1996 et la page du Cameroun se referme totalement en 1998, lorsqu’il n’est pas rappelé pour le Mondial 98, pendant qu’il évoluait sous les couleurs de Carlisle United en Angleterre.
Joueur caractériel, il s’efface progressivement des tablettes en sillonnant les championnats de certains pays tels que le Chine, Malte au début des années 2000, avant de rentrer plus tard dans son pays où il s’installe définitivement. Aujourd’hui célibataire et père de deux enfants, l’ancienne gloire de 48 ans s’est également reconverti dans l’humanitaire : «j’ai créé une ONG dénommée HA (humanité en action), donc le but est d’aider les personnes nécessiteuses». Comme AS Lausanne, la piteuse lanterne rouge de la dernière saison de MTN Elite One ?

 
Repères :
15 septembre 1964 : naissance à Yaoundé
1981 : signe au RC Lens
1983 : finaliste de la coupe Gambardella avec Lens
1989 : signe à Roche-sur-Yon (France), puis est convoqué à l’équipe nationale du Cameroun
1990 : signe à l’AS Saint-Etienne et est quart de finaliste de la coupe du monde Italie 90
1992 : demi-finaliste de la CAN au Sénégal
1993 : signe à Martigues (France)
1994 : Club America (Mexique)
1995 : FC Seraing (Belgique)
1997 : Carlisle United (Angleterre)
1998 : Chendu Blades (Chine)
2000 : Sliema Wanderers à Malte.
2008 : Tiko United de Buea, puis crée l’ONG HA (humanité en action)
2011 : manager général de Lausanne de Yaoundé

 

Commentaires  

 
0 #1 minlend aurélie 31-01-2013 09:39
Nous aimerons avoir de temps en temps les nouvelles de nos anciennes gloires, ceux là même qui nous ont fait vivre dans allégresse à travers leur activité qu'est le football. Vous nous avez marqué à jamais. Vivement que les autorités sachent reconnaître ces valeurs. C'est des monuments que dire......
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