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Affaire: Grands calculs, petits bénéfices à Lom Pangar PDF Imprimer Envoyer
ECONOMIE - ECONOMIE
Écrit par Ange Johan Nkouol   
Vendredi, 03 Août 2012 12:05

Les espoirs des opérateurs économiques en ce séjour présidentiel se sont estompés au fur et à mesure que Paul Biya était annoncé.


Le mystère qui a entouré cette visite est à la base des déboires des commerçants de la ville de Bertoua. Marjolaine Nguélé, tenancière de restaurant à Bertoua, déclare avoir mis de côté des provisions dès la fin du mois de juin lorsque Paul Biya avait été annoncé à l'Est. Et elle a dû emprunter de l'argent à sa tontine pour parvenir à ses fins. Malheureusement dit-elle, «nous avons épuisé nos réserves parce qu'à chaque fois, cette visite était renvoyée. Nous ne pouvions pas attendre éternellement alors que des clients réclamaient des menus qu'on pouvait confectionner avec nos provisions.»

Comme Marjolaine, toutes ses collègues se plaignent de cette situation et entrevoient déjà des conflits avec leurs créanciers. Du côté des taximen motos, ce n'est pas non plus la joie. Patou Nanga, l'un d'eux affirme que «contrairement à ce qu'on croit, lorsque la ville accueille un grand nombre de visiteurs, ce n'est pas bon signe pour nous autres. Vous allez remarquer que les gens vont généralement à pied et en groupes, les locaux préférant ce mode de déplacement pour mieux montrer la ville à leurs amis». Conséquence, poursuit un autre, «nos recettes sont restées les mêmes alors que nous fondions des espoirs en cette visite». Pis encore, les taximen motos sont généralement les cibles des éléments des forces de l'ordre lorsqu'en pareilles circonstances, il faut instaurer le calme et la sécurité dans la ville. « Il nous est donc impossible de faire de bonnes affaires en ces moments », conclut Jean Baptiste Abanda.

Un autre facteur qui a contribué à plomber les affaires en cette période d'attente de la visite de Paul Biya à l'Est, « le fait que depuis plus d'un mois, le préfet du Lom-et-Djerem avait imposé la fermeture de nos boutiques une fois par semaine, pour faire la propreté. Une situation qui a habitué nos clients à nos absences le jeudi, et contribué à imposer une sorte de ville morte ce jour-là à Bertoua.» La morosité de ce jeudi 02 août 2012 observée avant l'arrivée de Paul Biya, participe de cette posture de l'administration qui en plus, a imposé la fermeture des bars et autres lieux de plaisir jusqu'à demain matin.

Le seul secteur d'activité qui peut se vanter d'avoir vu son chiffre d'affaires augmenter depuis plus d'un mois, c'est l'hôtellerie. Au point où durant cette période, il était difficile pour le visiteur ordinaire ou de passage de se trouver une chambre dans un hôtel, voire une auberge de la ville. Les presque 500 chambres réquisitionnées par l'organisation ont été jugées insuffisantes. De sorte que lors d'une réunion d'évaluation des préparatifs de cette visite, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le gouverneur de l'Est, avait instruit la sous-commission en charge de ce secteur, de «recenser des domiciles privés qu'on pourrait mettre à contribution pour l'hébergement des autorités d'un certain rang qui ne souhaiteraient pas se confiner dans des chambres d'hôtels dans lesquelles elles ne pourraient pas recevoir des amis et proches.» La fermeture temporaire de l'hôtel Mansa pour des réfections, a même favorisé l'émergence d'autres structures de la place devenues du coup, des destinations très prisées de certains membres du gouvernement.

 

 

Ange Johan Nkouol

 

 

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