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Alioum Moussa: Le plasticien de l'ironie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par André T. Essommé Essomé   
Vendredi, 03 Août 2012 11:48

Il exposera à Yaoundé du 7 août au 11 septembre 2012 à Yaoundé.

 

Vous avez dit marque et design? Alioum Moussa en a de plus renversants. «Do good goods» (toujours bien faire) est la marque dont il est le concepteur et le créateur. «Do good goods est l'ironie de Dolce Gabana. J'ai constaté qu'autour de moi, il est plus difficile pour les gens de manger un plat de nourriture de 2 000 F Cfa, mais qu'il leur est plus facile d'acheter une marque Dolce Gabana de 7 000 F Cfa. J'ai donc décidé de créer une marque qui va à l'encontre de Dolce Gabana», explique-t-il. Et la marque en question est sous un design aux initiales double «G» avec des lettres renversées.

Comme Beaumarchais en comédie se servait du rire pour décrier les tares de la société française, Alioum Moussa se sert de la mode pour peindre les travers sociaux de son époque. La matière première de son travail est le tissu, de vieux vêtements usés de la friperie. «Mon travail consiste à redonner la vie aux objets qui n'en avaient plus. Avec l'aiguille, le fil, je transforme les vieux vêtements en des modèles que les gens n'arrivent même plus à reconnaître. Je m'occupe du côté social de l'art. Je voudrais parler d'apparence à travers l'art», indique-t-il.

C'est ce que le public de Yaoundé découvrira dans l'exposition qu'il fera du 7 août au 11 septembre prochains au laboratoire du Théâtre Othni (Objet théâtral non identifié) à Yaoundé. L'exposition, qui a pour titre «Convergence», n'est pas un ensemble de tableaux, mais des vêtements brodés par lui-même à base des vieux vêtements. «Chez moi, les vêtements sont comme des sculptures», fait-il savoir.

Une bourse de 1 310 000 F Cfa

Alioum Moussa sort d'un stage de quatre mois en Italie. Stage dont il a bénéficié grâce à une bourse octroyée par la Fondation Pisttoleto à Billa, qui fait dans la promotion des artistes du monde entier. «C'est comme une résidence, une université des idées. Il y avait des photographes, des peintres, des dessinateurs, des plasticiens, de diverses nationalités. Et moi, j'étais spécialisé dans la mode. A la fin, on nous a délivrés des attestations qui font de nous des artistes d'un niveau très élevé dans le monde de l'art», relate-t-il.

Alioum Moussa fait ses débuts comme dessinateur dans son Maroua natal, le chef-lieu de la région de l'Extrême-Nord au Cameroun. C'est en 1998 qu'il entre réellement dans le monde professionnel de l'art plastique. Il sera l'unique représentant de sa région au Festival national des arts et de la Culture (Fenac) de 2008 à Maroua. «J'avais présenté les tableaux sur l'éducation de la jeune fille, sur la vie quotidienne. Mais je n'avais pas eu de prix». Il se lancera par la suite dans la publicité à travers des messages sur les voitures, la peinture d'animaux, à servir de guide aux touristes du Parc de Waza. C'est là qu'il sera sollicité par Hammadama Moctar qui lui propose de travailler pour son entreprise Horizon Graphics à Douala. Ici il se forme à la publication assistée par ordinateur (PAO). C'est donc de Douala qu'il bénéficiera de cette bourse de 2000 Euros, soit environ 1 310 000 F Cfa en Italie.

 

 

André T. Essomé Essomé

 

Mise à jour le Vendredi, 03 Août 2012 11:51
 

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